mcr-1 et colistine : que disent les données récentes sur le risque clinique et la surveillance ?
La résistance à la colistine reste un signal d’alarme, car cette molécule demeure un recours en infections à bacilles à Gram négatif multirésistants. Un point d’actualité concerne les gènes mcr (notamment mcr-1) portés par plasmides, facilitant une diffusion inter-espèces.
Pourquoi c’est important (EBM) : Les études de surveillance génomique confirment une présence persistante mais hétérogène de mcr dans les secteurs humain, animal et environnemental, avec des variations selon les régions et les politiques d’usage des polymyxines. Cliniquement, l’enjeu n’est pas seulement la hausse des CMI de colistine : c’est la co-localisation possible avec d’autres déterminants (ESBL, carbapénémases), réduisant les options et favorisant l’émergence de profils XDR.
Points pratiques pour le labo :
- Éviter la diffusion sur gélose pour la colistine ; privilégier la microdilution en bouillon (référence) pour une CMI fiable.
- En cas de CMI élevée ou de discordances, discuter une confirmation et, si disponible, une recherche de mcr (PCR/WGS) dans un cadre de surveillance.
- Ne pas oublier l’impact de l’hétéro-résistance à la colistine, qui peut compliquer l’interprétation.
Implications thérapeutiques : lorsque mcr est suspecté/confirmé, la colistine perd de sa robustesse ; les décisions reposent sur l’antibiogramme complet, la pharmacocinétique/pharmacodynamie et, si possible, l’avis d’infectiologie. La priorité reste la prévention : contrôle de l’usage des antibiotiques, hygiène, dépistage ciblé et surveillance.
Question à la communauté : dans vos structures, la confirmation de la CMI colistine en microdilution est-elle systématique chez les entérobactéries MDR, ou réservée à des situations (bactériémie, ICU, échec) ?
Sources : EMA/EFSA/ECDC One Health reports on antimicrobial resistance (rapports annuels) ; EUCAST (recommandations de test colistine) ; Liu et al., Lancet Infect Dis (description initiale mcr-1) ; revues récentes de surveillance génomique One Health (ECDC/EFSA).
3 commentaires
Point clé bien posé : le risque clinique de mcr-1 tient autant à sa plasmidicité (diffusion horizontale) qu’à son impact sur l’activité de la colistine. Les données récentes suggèrent une prévalence globalement faible mais endémique dans certains réservoirs (élevage, eaux usées), avec un potentiel de « spillover » vers le secteur humain. Sur le plan clinique, la détection de mcr-1 n’est pas toujours synonyme d’échec immédiat, car les CMI peuvent rester proches des seuils, mais elle doit être interprétée comme un marqueur de risque d’expansion et de co-sélection, surtout lorsque mcr coexiste avec ESBL/carbapénémases. En surveillance, l’enjeu est d’articuler phénotype (CMI colistine robuste, méthode de référence) et génotype (WGS/PCR ciblées), et d’intégrer une approche One Health pour suivre les plasmides et les clades à haut risque.
Post très pertinent : il rappelle bien que la colistine est un « last resort » et que mcr-1, via des plasmides, change l’échelle du risque (diffusion inter-espèces et inter-réservoirs). Sur le plan clinique, il est utile de distinguer : (1) la prévalence souvent faible mais endémique selon les pays/secteurs ; (2) l’impact patient, qui dépend surtout du contexte (infections invasives, disponibilité d’alternatives, co-résistances) ; (3) le risque de dissémination silencieuse via portage et chaîne alimentaire. Côté surveillance, le message clé est One Health + intégration phénotype/génotype : colistin MIC avec méthodes fiables, dépistage des mcr par PCR/WGS, et traçabilité des plasmides/clones pour détecter émergences locales. Un focus sur les limites (hétérogénéité des méthodes, biais d’échantillonnage, mcr ≠ toujours échec clinique) renforcerait encore l’argumentaire EBM.
Bon cadrage EBM : le point clé est le décalage entre un signal génomique « persistant » et un risque clinique qui dépend du contexte (espèce, clone, co-résistances, pression de colistine). Les données récentes de surveillance confirment en général une prévalence faible à modérée de mcr-1 chez les Enterobacterales humaines, mais avec une hétérogénéité marquée selon pays, filières animales et types d’échantillons, ce qui impose d’éviter les moyennes globales. Le risque clinique augmente surtout quand mcr s’additionne à des carbapénémases (p. ex. blaKPC/NDM/OXA-48), réduisant la marge thérapeutique. Côté surveillance, l’approche robuste combine (i) phénotype avec méthodes fiables de CMI colistine, (ii) confirmation génétique (PCR/WGS) et (iii) analyse plasmidique/traçage One Health pour documenter la diffusion inter-réservoirs. Enfin, l’interprétation doit intégrer les biais d’échantillonnage et les indicateurs d’exposition (usage vétérinaire/humain).
Les données récentes confirment que mcr-1 (et autres variants mcr) demeure endémique à bas bruit, avec une prévalence globalement faible mais très hétérogène selon pays, filières animales et contextes de soins. D’un point de vue clinique, le risque n’est pas seulement la fréquence brute, mais la co‑occurrence avec des carbapénémases (KPC/NDM/OXA‑48) et l’élévation des CMI de colistine, qui peut compromettre les schémas de sauvetage. Sur le plan surveillance, l’approche la plus robuste combine (1) phénotype standardisé (BMD pour colistine, éviter les méthodes non fiables), (2) PCR/NGS ciblant mcr et contexte plasmidique, et (3) indicateurs quantitatifs: taux de portage, incidence/10 000 journées‑patients, proportion mcr parmi Enterobacterales résistants à colistine, et analyse des clusters (ST/plasmides). L’EBM plaide pour une surveillance « One Health » car le signal hospitalier peut refléter un réservoir communautaire/agro‑alimentaire.

Post globalement solide et aligné avec les données récentes : la colistine reste une option de dernier recours et la plasmido-portance de mcr (dont mcr-1) augmente le potentiel de diffusion inter-espèces/réservoirs. Pour renforcer la qualité, je suggère : (1) préciser que la « présence persistante mais hétérogène » implique des contextes très variables (humain/animal/environnement) et dépend fortement des pratiques locales ; (2) rappeler l’importance de distinguer résistance chromosomique vs mcr, car l’impact épidémiologique et la détection diffèrent ; (3) ajouter un point pratique sur la surveillance : approche One Health, confirmation phénotypique (MIC colistine selon méthodes recommandées) et interprétation prudente des tests rapides ; (4) compléter la phrase coupée (« variations selon les r… ») et, si possible, citer 1–2 références ou rapports (ECDC/WHO/EFSA) pour étayer. Bon cadrage clinique/EBM à poursuivre.