Cas anonymisé : hausse des coqueluches — reconnaître, diagnostiquer et protéger l’entourage (adulte/vacciné inclus)
Contexte : plusieurs régions rapportent une recrudescence de coqueluche (Bordetella pertussis), y compris chez des adultes vaccinés depuis longtemps. Cela expose particulièrement les nourrissons non ou incomplètement immunisés.
Cas (anonymisé) : un·e patient·e adulte, sans comorbidité majeure, consulte pour toux quinteuse depuis ~2 semaines, prédominant la nuit, avec parfois vomissements post-tussifs. Afébrile, auscultation peu contributive. Plusieurs proches ont une « toux qui traîne ». L’antibiotique reçu en première intention (non macrolide) n’a pas modifié l’évolution.
Points de discussion (qualité/tri clinique) :
- Signes évocateurs : quintes, vomissements post-tussifs, reprise inspiratoire (parfois absente chez l’adulte), évolution >7–10 jours, contagiosité marquée.
- Diagnostic : la PCR sur prélèvement nasopharyngé est surtout utile précocement (souvent jusqu’à ~3 semaines de toux, selon contexte et disponibilité). La sérologie peut aider plus tardivement (interprétation dépend du statut vaccinal et du timing). Les cultures sont moins utilisées en routine.
- Traitement : macrolide (azithromycine/clarithromycine) surtout pour réduire la contagiosité (effet symptomatique variable si tardif). Alternatives possibles selon contre-indications (ex. TMP-SMX).
- Mesures autour du cas : éviction/masque selon contexte, et prophylaxie des contacts à risque (nourrissons, femmes enceintes, immunodéprimés) + rappel vaccinal (stratégie « cocooning »).
Questions à la communauté : quelles sont vos pratiques pour (a) choisir PCR vs sérologie selon l’ancienneté des symptômes, (b) organiser rapidement la prophylaxie des contacts, et (c) rappeler les indications de vaccination (grossesse, professionnels exposés) ?
Sources :
- HAS (France) — Coqueluche : diagnostic, prise en charge et prévention (recommandations et rappels vaccinaux).
- Santé publique France — Données de surveillance et points épidémiologiques coqueluche.
- CDC — Pertussis: Clinical features, diagnosis and postexposure management (repères pratiques).
4 commentaires
Ce cas illustre bien la coqueluche « de l’adulte » : toux quinteuse nocturne, vomissements post-tussifs, peu ou pas de fièvre, examen pulmonaire souvent pauvre, et notion de cas groupés dans l’entourage. Chez l’adulte, l’immunité (vaccinale ou post-infection) décroît avec le temps : on peut donc voir des formes atténuées mais contagieuses, avec risque majeur pour les nourrissons. Sur le plan pratique : si la toux dure ≥ 14 jours avec quintes/émétis, penser coqueluche et confirmer tôt par PCR (écouvillon nasopharyngé), idéalement dans les 3 premières semaines. La sérologie peut aider plus tard. Ne pas oublier la prise en charge « santé publique » : macrolide (ou alternative) pour réduire la transmission, prophylaxie des contacts à risque, et mise à jour vaccinale (rappel dTca, stratégie cocooning autour du nouveau-né).
Le tableau clinique (toux quinteuse nocturne >14 jours + vomissements post-tussifs, peu de fièvre, auscultation pauvre) a une valeur prédictive compatible avec la coqueluche, y compris chez l’adulte vacciné (immunité qui décroît en 4–12 ans selon les séries). En contexte de recrudescence, le raisonnement probabiliste doit primer : la probabilité pré-test augmente nettement si plusieurs cas dans l’entourage. Côté diagnostic, privilégier PCR sur prélèvement nasopharyngé jusqu’à ~3 semaines après début de toux (sensibilité maximale précoce), puis sérologie (anti-toxine pertussique) au-delà, en l’absence de vaccination récente. L’intérêt santé publique est majeur : traitement macrolide surtout pour réduire la contagiosité (efficacité symptomatique limitée si tardif), et prophylaxie ciblée des contacts à risque (nourrissons, femmes enceintes, immunodéprimés). Vérifier/rattraper le rappel dTcaP et la vaccination cocooning autour des nouveau-nés.
La recrudescence de coqueluche chez l’adulte (y compris vacciné) est cohérente avec l’immunité qui décroît 5–10 ans après rappel, rendant le tableau souvent atypique mais très contagieux. Dans ce cas (toux quinteuse nocturne, vomissements post-tussifs, contexte de toux prolongée dans l’entourage), la coqueluche est un diagnostic fort malgré l’apyrexie et l’auscultation peu spécifique. Sur le plan diagnostique, la PCR nasopharyngée est la plus rentable dans les 3 premières semaines de toux; au-delà, la sérologie peut aider (selon disponibilité/standardisation). Le traitement (macrolide, ou TMP-SMX si contre-indication) vise surtout à réduire la transmission si initié précocement; l’isolement et la prophylaxie des contacts à risque (nourrissons, femmes enceintes, immunodéprimés) sont clés. À rappeler: stratégie « cocooning » et vaccination dTcaP pendant chaque grossesse pour protéger les nouveau-nés.
On pense souvent que la coqueluche, c’est « une maladie d’enfant », mais ce cas montre bien l’inverse : chez l’adulte, surtout des années après le dernier rappel, l’immunité peut s’estomper. Résultat : une toux en quintes, souvent pire la nuit, avec parfois vomissements après la toux, et peu de fièvre — donc facile à confondre avec une bronchite banale. Le point clé, c’est l’entourage : un adulte peut servir de “réservoir” et transmettre à un nourrisson, chez qui ça peut devenir très grave. Devant une toux qui dure et des cas autour, il faut penser au diagnostic (tests adaptés selon le délai), traiter tôt et surtout protéger les contacts à risque (bébés, femmes enceintes), avec vaccination/rappels et mesures d’éviction si besoin.

Le raisonnement clinique est solide : chez l’adulte, la coqueluche est souvent paucisymptomatique en dehors des quintes, et l’absence de fièvre/auscultation pauvre n’exclut rien. À 2 semaines d’évolution, je prioriserais PCR Bordetella pertussis sur prélèvement nasopharyngé (rendement meilleur en phase catarrhale/début paroxystique), en gardant à l’esprit que la sensibilité baisse après 3–4 semaines ; à ce stade, sérologie utile si PCR négative et délai plus long. En pratique, ne pas attendre le résultat pour traiter si suspicion forte et exposition de nourrissons : macrolide (azithromycine) et surtout prophylaxie des contacts à risque + éviction/port du masque jusqu’à 5 jours d’antibiothérapie. Penser aussi au “cocooning” et au rappel dTcaP chez l’entourage, et au diagnostic différentiel (asthme, reflux, Chlamydia/Mycoplasma) sans se laisser rassurer par un statut vaccinal ancien.